VERNACULAR

 

I am a city dweller who aspires to leave the city behind him, its noises and perpetual agitation: this project shows the dream life of a Parisian in search of calm and solitude, in an idealized vision of the countryside. It also allows me to prove that exoticism and change of scenery do not necessarily mean a long trip to the antipodes, and that we can just search nearby places to have the feeling of a distant trip.

 

I have always dreamed of an isolated house surrounded by fields, like an island lost amidst the wheat, which is reached by a small dead-end road. I had found this ideal home a few years ago but I gave up buying it because it was too far from Paris. 

 

Ever since I became interested in photography in a serious way, a book has changed my way of photographing: “La France de Raymond Depardon”, this tour de France of the sub-prefectures, as he defines himself. His photographs inspire me, transport me and they illustrate my passion for the vernacular.

 

The vernacular architecture is defined in French as an architecture conceived in harmony with its environment, in relation with the geographical area which is specific to it, its soil and its inhabitants. But I prefer the definition given by the Anglo-Saxons: it is an architecture more concerned with the domestic and functional than the public or the monumental.

 

It is finally an architecture without architects, which consists of buildings for domestic use, enlarged over time, as needed. It is an architecture that has not been conceived, planned, organized and it is what makes it so rich: the vernacular building is the essential component of the ancient villages that dot our territory and I appreciate to visit above all else.

 

I like to photograph places where the walls are not straight, and the houses lean under the weight of years: the stones of the facades have so many stories to tell. This book is an ode to this anonymous architecture, sculpted by the time and the hand of anonymous men. Our villages are made of walls, walls that hide and protect. It is these walls that outline and delimit these winding streets, where imperfection and chance often border on perfection.

 

If people sometimes appear on my images, it's often a coincidence; I like to photograph man-made places where the man is absent: I prefer the silence of stones to the noise of men.

 

 

Je suis un citadin qui aspire à partir et laisser la ville derrière lui, ses bruits et son agitation perpétuelle :  ce projet montre la vie rêvée d’un parisien en quête de calme et de solitude, dans une vision idéalisée de la campagne. Il me permet également de montrer qu’exotisme et dépaysement ne signifient pas forcément un long voyage aux antipodes, mais qu’il suffit parfois de fouiller des lieux proches, qu’on croyait bien connaître, pour avoir la sensation d’un lointain voyage.

 

J’ai toujours rêvé d’une maison isolée entourée de champs, comme une île perdue au milieu des blés, à laquelle on accède par un petit chemin en impasse. J’avais trouvé cette maison idéale il y a quelques années mais j’ai renoncé à l’acheter car elle était trop loin de Paris. 

 

Depuis que je m’intéresse à la photographie de manière sérieuse, un livre a changé mon regard et ma façon de photographier : la France de Raymond Depardon, ce tour de France des sous-préfectures, comme il le définit lui-même. Ses photographies m’inspirent, me transportent et elles illustrent ma passion pour le vernaculaire. 

 

L’architecture vernaculaire se définit en français comme une architecture conçue en harmonie avec son environnement, en rapport avec l’aire géographique qui lui est propre, son terroir et ses habitants. Mais je préfère la définition donnée par les anglo-saxons : il s’agit d’une architecture davantage tournée vers le domestique et le fonctionnel que le public ou le monumental.

 

Il s’agit finalement d’une architecture sans architecte, qui est constituée de bâtiments à usage domestique, agrandis au fil du temps, suivant les besoins. C’est une architecture qui n’a pas été pensée, planifiée, organisée et c’est ce qui fait qu’elle est si riche : le bâti vernaculaire est la composante essentielle des villages anciens qui jalonnent notre territoire et que j’apprécie de visiter par-dessus tout. 

 

J’aime photographier là où les murs ne sont pas droits et où les maisons penchent sous le poids des ans :  les pierres des façades ont tant d’histoires à raconter. Ce projet est une ode à cette architecture anonyme, sculptée par le temps et la main des hommes dont on ne connait pas les noms. Nos villages sont constitués de murs, des murs qui cachent et qui protègent. Ce sont eux qui dessinent, délimitent ces rues tortueuses, où l’imperfection et le hasard frisent souvent la perfection. 

  

Si des gens apparaissent parfois sur mes images, c’est souvent le fruit du hasard ; j’aime photographier des lieux façonnés par l’homme mais dont l’homme est absent : je préfère le silence des pierres au bruit des hommes.